Le gang des rêves, Luca Di Fulvio

Le gang des rêves, Luca Di Fulvio


1 kilo et 192 grammes. 716 pages. 2 parties, de Aspromonte en 1906 à Manhattan en 1929. Ça c'est pour les chiffres. 
Diamond Dogs. Huitième album de David Bowie sorti le 24 mai 1974. Un album inspiré du 1984 d’Orwell qui prophétise la mort du rock’n’roll et annonce le mouvement punk, la cold wave et la batcave. Ça c'est pour la référence.

Malgré son pesant de cacahuètes, Le gang des rêves se lit d'un trait, et j'ai presque envie de dire se regarde comme un film. Époustouflant. Et comme il fait une chaleur à crever en ce moment, ça tombe bien : vu que je dors pas, je lis jusqu'à plus soif. Et comme il fait chaud, il fait soif. Bref, vous voyez le topo.

Diamond Dogs, dans le livre aucun lien avec Bowie (je disais ça uniquement pour la ramener), c'est le nom du gang de Christmas, un petit rital avec un nom de nègre (attention, ceci n'est pas une insulte, c'est dit comme ça dans le livre). Christmas a l'esprit vif, beaucoup d'imagination, et c'est un beau parleur. Ils sont deux mais ils sont légion, ils sont frêles mais ce sont des caïds, ils ne feraient pas de mal à une mouche mais on les prend pour des tueurs, ils ne sont personne mais ils iront loin...

Le pouvoir des mots. Dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre, ne pas mentir mais les laisser croire ce qu'ils ont envie de croire. C'est ça le super pouvoir de Christmas, ce fils de p*** au cœur tendre (attention, ceci n'est toujours pas dit comme une insulte, loin de moi cette idée). Il embobine tout le monde et le lecteur avec. Pas moyen de décoller les yeux du livre, on veut savoir la suite et genre tout de suite quoi !
Et vraiment, y’a pas à tortiller, on est gâté, y'a tout dans ce livre : de l'amour, des gangsters, de l'amitié, des stars, Fred Astaire, Humphrey Bogart, le rêve et le cauchemar américains, New-York, Hollywood, bref la totale… Ajoutez à cela des personnages magnifiques, un scénario super bien ficelé et un souffle romanesque qui vous scotche.
Vraiment, je ne comprends pas qu'on n’entende pas davantage parler de ce roman qui à mes yeux est de la même veine que la saga napolitaine et prodigieuse d’Elena Ferrante. Clairement. Lenù, Lila, Christmas, même combat, même galère de part et d'autre de l'océan, même misère et même envie de changer son destin. Peut-on parler “d’italian touch”, une sorte de roman spaghetti ? On dirait bien.

Si vous avez envie de faire un petit tour dans la grosse pomme des années 20, n'hésitez pas (en plus vous ferez votre sport en même temps, vu le poids du bouquin, surtout si comme moi vous lisez dans le bus, au bureau ou en terrasse). Une belle découverte, et en même temps tout semble tellement familier, on a tous en tête les p’tits gamins des quartiers pauvres assis en bande sur les marches d’escalier, eh bien ils sont dans ce film livre aussi ;)

Une p'tite phrase au hasard : 

Le hasard, c'est un coup de pied dans le cul que la vie te donne pour te faire avancer." 


Quatrième de couverture : Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt...L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s'achève quelques heures plus tard sans qu'on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté.Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l'auteur de dix romans. Deux d'entre eux ont déjà été adaptés au cinéma; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.


Commentaires

  1. Évidemment, il me tente fort. C'est son nombre de pages qui me tente moins. Je l'ajoute à ma liste, tout comme "Nous rêvions juste de liberté". Reste à trouver un long moment pour les lire! À quand un coup de coeur de moins de 400 pages?

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    1. C'est pas le nombre de pages qui compte, parfois avec un tout petit livre on galère pour le terminer. Les deux livres que tu cites sont tellement bien que tu ne vois pas le temps passer, ni les pages ;)

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  2. Du coup, je vais écouter le Diamond Dogs de Bowie (aucun rapport, je dis ça juste pour la ramener aussi)

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