Nous rêvions juste de liberté, Henri Lœvenbruck

Nous rêvions juste de liberté, Henri Lœvenbruck

Merde, y'a des livres t'as pas envie qu'ils se terminent, quand t'as plus de pages dans la pile de gauche que dans la pile de droite c'est mauvais signe, tu vois venir la fin et t'as bien les boules. Du coup tu traînes, tu fais des pauses, mais rien n'y fait, t'arrives au bout quand même…
Vous avez deviné, c'est précisément ce qui s'est passé avec ce roman, punaise rien que d'y penser ça me fiche le bourdon ! C'est vrai quoi, j'avais encore envie de faire deux ou trois fois le tour du monde avec Bohem, à l'arrière de sa bécane, cheveux au vent… ou même seulement un tour, ou alors juste le tour du pâté de maisons, n'importe quoi mais pas s'arrêter…(boule dans la gorge).
Nous rêvions juste de liberté. Rien que le titre déjà, ça me donne la chair de poule et les larmes aux yeux. Je vous jure !

C'est peut-être parce que moi aussi, toute enfermée dans ma vie que je suis, je rêve juste de liberté. Il est peut-être temps de passer à l'acte me direz vous. Certes. Mais suis-je prête à en payer le prix ? Pas sûr. Parce que ça coûte un bras, même plus, ça coûte le plus cher des prix. Pour chacun. Henri Lœvenbruck nous en donne la preuve en 490 pages environ. Mais on le sait depuis le début, qu’on va payer plein pot, n'empêche, on ne peut pas s'empêcher de se dire que ça en vaut la peine…

Une chose est sûre, si je devais choisir entre la vie de Bohem ou la vie d’Alex (la Fouine) et celle des autres Spitfire, sans hésitation, c’est Bohem sinon rien ! Loyauté Honneur Respect. Et Liberté. Surtout. Avant tout. Après tout. Liberté et puis le reste on verra.
À ce propos, j'ai bien envie de corriger une erreur dans le titre du livre : “Il rêvait juste de liberté” serait plus juste. En effet, certains ont d'autres rêves, devenir le maître du monde par exemple, puissant et riche, et justement il s'avère que c'est tout le contraire de la liberté ça. Le pouvoir emprisonne, l'argent emprisonne, si si, même s'ils peuvent donner (de loin) une illusion de liberté. En réalité, pour être libre, au lieu d'essayer d'être le maître du monde, il faut essayer d'être le maître de soi. Et c’est beaucoup plus difficile au final. Parce que le monde n’est pas fait pour ça, parce que la société, l’éducation, la loi, rien ne nous entraîne à ça. 
Bref, Bohem est le seul véritable 1% de sa bande. Si vous voulez savoir ce que ça veut dire, lisez le livre. D’ailleurs, de toutes façons, lisez le livre ! 

Voilà, j’ai adoré cette sublime épopée métallique et solitaire, ces bruits de moteurs, ces odeurs de gazole, ces routes qui défilent, ces rires et ces cris de joie...oui, c’est clair,  je suis déjà en manque. Je crois que je vais me refaire l’intégrale des Sons of Anarchy (une de mes séries préférées) même si dans la série le MC (motorcycle club) ressemble davantage à ce qu’en fait Alex parce que souvenez-vous bien de ceci : dès que tu prends un local, dès que tu fais du business (dès que t’es plus que un en fait), t’arrête d’être libre. C’est aussi simple que ça.

Ah oui, je veux juste encore dire quelque chose avant de finir : il y a un passage dans ce roman qui m'a fait penser à un livre lu il y a trois ou quatre ans, le passage avec le journaliste qui suit Bohem pendant quelques mois sur la route avec sa bécane anglaise de frimeur. Le livre auquel je pense c'est exactement ça mais du point de vue du journaliste. Il s'agit de Hell's Angels de Hunter S. Thompson, ouvrage emblématique du journalisme gonzo (ça, ça veut dire que le mec s'immerge dans son sujet pendant une période plus ou moins longue avant de pondre son papier, il écrit à la première personne, c'est ultra subjectif et le lecteur doit faire appel à son sens critique pour recomposer une image plus vraisemblable de la réalité.) Thompson a passé un an à côtoyer ces vilains barbus en Harley Davidson en écrivant au jour le jour avant de sortir ce bouquin. Lisez-le, c'est très instructif et c'est en partie grâce à ça que le mythe des MC a été forgé. Incontournable.

NB : Ce rêve de liberté se classe directement N°1 des 46 livres que j’ai lu depuis le début de cette année, et directement aussi parmi mes livres préférés depuis longtemps. Je suis bien contente de l’avoir rencontré :)

Une p'tite phrase au hasard : 

" Ils n'attendaient rien de la société, parce qu'ils ne voulaient pas lui appartenir."


Quatrième de couverture : "Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté." Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher. Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road movie fraternel et exalté.


Commentaires

  1. Je sais ce qu'il me reste à faire...!

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    1. Faire le plein et partir sur les chemins oui !

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  2. Un jour, je le lirai. Je le sais. Comme je lirai aussi un jour le Hell's Angels de Hunter S. Thompson. Je le sais aussi.

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